Le secret du bonheur : une boîte mail et un navigateur web vides
Une boîte ou un navigateur ne devraient jamais être utilisés comme gestionnaires de tâches. Alors qu'il existe de petits logiciels spécialisés que l'on appelle… gestionnaires de tâches.
J'ai toujours eu tendance à considérer ma boîte mail comme un gestionnaire de tâches. Il faut dire que le Mail d'OS X, conçu pour répondre aux besoins de Steve Jobs, y invite : en plus de l'état lu / non-lu qui est comme un état fait / à faire, des drapeaux pour mettre des éléments de côté, et d'un excellent champ de recherche, il dispose d'un module de notes.
Ces derniers temps, j'ai aussi la fâcheuse habitude d'ouvrir des centaines d'onglet dans mon navigateur, chose que je cantonnais autrefois à Omniweb et son système de sessions pour mes recherches. J'ai toujours eu à gérer plusieurs sujets de front, mais je n'ai désormais plus peur de perdre ma session avec la fonction de Reprise d'OS X, et ait donc perdu l'habitude de créer des dossiers de signets. Des dizaines de mails qui s'empilent, des centaines d'onglets qui ralentissent mon navigateur, c'est se construire une pression : la boîte mail est pleine le matin en se levant, l'est toujours le soir en allant se coucher, et on atteint jamais le moment où l'on ferme le dernier onglet du navigateur avec le sentiment du travail accompli. Ça n'a pas l'air comme ça, mais ça a son petit effet psychologique, comme les textes en cours jamais fermés dans Byword.
Ces mails et ces onglets ne sont pourtant pas un fardeau : correctement gérés, ce sont des informations cruciales pour être productif, et non un frein. Si un mail n'appelle qu'à une réponse et que je peux y répondre imédiatement, autant le faire, au plus tard à la prochaine pause café1 — cela me prendra plus de temps de le faire quand 100 courriels se seront entassés. Si un mail appelle à une action plus complexe, là encore, je la prévois immédiatement : les articles à écrire et les projets en plusieurs parties qui nécessitent un travail collaboratif sont envoyés dans Daylite, le reste est tout simplement mis dans mon calendrier. Même chose avec les onglets : puisqu'ils sont en général des liens vers du matériel brut pour un futur article, pourquoi donc ne pas noter l'échéance de l'article quelque part, et indexer les onglets soit un dossier de signets, soit dans une application de lecture différée ?
Au delà de ces outils, je n'ai pas de recommandation particulière à faire : il y a au moins 15 000 applications différentes qui peuvent être reliées à la gestion de tâches, et chacun trouvera chaussure à son pied. Si j'ai donc un conseil, c'est d'évaluer la situation et d'agir en conséquence, en essayant divers outils jusqu'à que ça aille. Ou en développant le sien si rien ne fonctionne, paraît que les meilleurs logiciels sont nés comme ça. Mon système de gestion informationelle n'est pas le meilleur logiciel de sa catégorie, mais je l'ai précisément codé parce que je n'arrivais pas à trouver de solution satisfaisante pour les archives à long terme sur des sujets vagues sans impératif de publication. Pour des besoins plus urgents, j'utilise beaucoup Readability, qui est plus facile à nettoyer que les dossiers de signets. Enfin, le fait de tester OS X Mountain Lion m'avantage, puisque je peux utiliser le Calendrier et l'application Rappels en conjonction avec mon iPhone, ce qui me suffit largement.
Au final, toute cette masse d'informations qui si elle n'est pas traitée fait du bruit est ainsi filtrée, domptée, pour devenir du signal. C'est un changement qui au quotidien requiert une certaine discipline pour être mis en place — j'avoue parfois laisser le mail dériver, mais c'est aussi parce que je travaille en ce moment sur des sujets plus longs — mais qui fait gagner un temps fou à la fin de la journée. Et qui permet surtout de fermer Firefox à 19h00 sans rien avoir laissé dedans, et de rentrer à la maison sans avoir l'impression de ramener du boulot sous la forme de 25 mails à lire : j'ai fini ma journée, je n'ai plus rien à faire, je vais aller faire la sieste. Ou faire un tour. Ou boire un coup. Prendre l'air, m'oxygéner les poumons, et, surtout, le cerveau.
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C'est ma version très personnelle de la « two-minute rule » de David Allen. Je crois que Merlin Mann a un truc similaire dans sa série Inbox Zero, mais je ne l'ai pas lu depuis longtemps et ait toujours eu du mal à accrocher. ↩