Byword dans iCloud : un lieu pour écrire
Au détour d'un tweet que je n'arrive plus à retrouver, Jean-Christophe Courte a eu une idée de génie : utiliser Byword avec iCloud plutôt que Dropbox. Je sais, ça n'a l'air de rien comme ça, mais c'est proprement révolutionnaire.
Bien sûr, j'ai commencé par balayer cette hypothèse d'un revers de la main : l'intégralité de mes fichiers est stockée dans Dropbox, la plate-forme logistique sous-tendant mon flux de travail. La fatigue mentale annonçant le besoin de vacances a néanmoins révélé la subtilité de cette idée : sortir les articles de métro [zen] dodo de mon flux de travail classique, les extraire du cycle répétitif et mécanique des mêmes étapes présidant à la conception d'un papier pour MacG ou iGen, m'a permis de trouver de nouvelles réserves pour continuer à écrire pour moi après avoir passé huit heures à écrire pour les autres.
Avec iCloud, Byword devient un « lieu » d'écriture : je me débarrasse de l'habit du rédacteur de MacG en y allant, abandonnant au passage certains prérequis d'exactitude ou de tenue de mon langage, pour ouvrir la porte du bureau virtuel de métro [zen] dodo. C'est une pièce fermée où je suis le seul à pouvoir entrer, dans laquelle trône un large bureau à peine encombré de quelques feuilles, face à une fenêtre donnant à voir l'horizon infini. Oui, je suis à ce point emballé par ce qui peut sembler n'être qu'un détail technique.
Casser mon flux de travail, cela veut dire maintenir à l'écart les textes personnels des textes professionnels, pouvoir les retrouver plus facilement, les embrasser du regard, mieux les faire communiquer. Je ne suis plus dominé par un mur de titres de fichiers et une multitude de pages blanches angoissantes représentant chacune un article en gestation. Je n'ai plus besoin de gérer des centaines de fichiers dans un dossier, de trifouiller Spotlight ou nvAlt pour retrouver mes brouillons et mes références — je peux simplement écrire. Byword avec iCloud est un endroit physiquement et psychiquement différent, avec son propre temps, ses propres règles, ses propres outils.
J'ai fini ma journée chez MacG ? Je convoque la palette d'ouverture des fichiers stockés dans iCloud, sorte de Finder-bis, et je suis dans l'espace d'écriture de métro [zen] dodo. Ou J'attrape mon iPad, et la rupture est encore plus franche : l'outil est différent, et il a son influence — l'écriture est plus fluide, plus relâchée, forcément plus spontanée, car la relecture est moins aisée. Dans les deux cas, je retrouve une bulle d'air, et je peux passer un moment privilégié avec mon texte, dans une interface réduite à l'absolument essentiel, tant en matière de rédaction (l'interface visible) que de gestion de l'emplacement du fichier (l'interface invisible).
Un copier-coller plus tard, mon texte est publié. Le moment étant passé, je peux à nouveau penser à la gestion de mes fichiers, celle-ci ne parasitant alors plus mon activité : je rapatrie le fichier stocké sur iCloud dans Dropbox et l'intègre à ma nomenclature standard. Le tout est d'une efficacité redoutable, et me fait retrouver le même plaisir fou que j'avais à écrire pour métro [zen] dodo il y a quelques mois. Merci Jean-Christophe.