métro [zen] dodo

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Ce genre de détails qui me font rester sur Mac

01 fév. 2012

Il semble que je commence chaque mois par une critique en règle d'OS X. Rendez-vous le 1er mars donc.

Si seulement ce n'était qu'un détail…

« Clé USB 06.jpg » est une application. Cet élément a été attaché à un courrier électronique. Voulez-vous vraiment l'ouvrir ? Mail a téléchargé ce fichier le 24 janvier 2012.

Pour la centième fois de la journée, OS X me demande de confirmer que je veux bien ouvrir le fichier que je suis allé chercher volontairement dans le Finder et sur lequel j'ai cliqué deux fois en mon âme et conscience, me faisant ainsi perdre ma centième demi-douzaine de secondes de la journée et me faisait ainsi pousser mon centième soupir de la journée. Qui vient à peine de commencer. Je comprends l'intention ayant présidé à la conception de ce message d'alerte.

Mais il est simplement inutile.

La plupart des personnes ne lisent pas les messages d'alerte, et se contentent de cliquer sur le bouton « OK » ou « Valider ». Ce sont les mêmes personnes qui rentrent leur mot de passe PayPal sur la page http://jevaisvolervotrecomptepaypal.fr/ après avoir reçu un courriel contenant environ dix-huit fautes d'orthographe, les mêmes qui cliquent sur les liens Facebook « 98 % des gens ne peuvent pas voir cette vidéo pendant plus de 15 secondes » et sont persuadés de la bonne foi du sondage en forme de captcha qui suit, et sans doute les mêmes qui vous appellent à 22h00 parce que leur PC Windows a cessé de fonctionner après qu'elles ont cliqué sur « OK » dans le message d'alerte « Êtes-vous sûr de vouloir débuter le processus d'auto-destruction de votre machine ? ».

Cette fonction de sécurité, donc, n'en est pas une : elle demande l'avis de la plus grande faille de sécurité de tous les systèmes informatiques, l'utilisateur lambda qui reste abruti devant son écran et clique à tout va sans faire fonctionner son neurone. Ce qui me désespère, c'est de perdre au quotidien de plus en plus de temps parce qu'Apple lui court après et essaye de l'assister — je suppose que c'est le revers de la stratégie du hub numérique1. Là encore, je comprends l'intention : le Mac attire de plus en plus d'utilisateurs, qui ne sont pas tous versés dans les arcanes de l'informatique2, et Apple croit en une certaine pédagogie. Mais elle va à la fois trop loin et pas assez en profondeur, comme souvent ces dernières années.

Elle va trop loin, car elle impose la tyrannie d'une nouvelle majorité à une minorité puissante d'influence : j'en ai proprement ras le bol de perdre du temps à cause des erreurs d'une majorité paresseuse. On pourrait arguer qu'il est facile de désactiver cette fonction pour l'utilisateur avancé que je suis : defaults write com.apple.LaunchServices LSQuarantine -bool NO dans le Terminal et boum, c'est terminé3. Mais il s'agit d'une question presque philosophique : pourquoi diable XProtect, le système anti-malware d'OS X, qui protège de choses autrement plus dangereuses, agit-il silencieusement en arrière-plan, si le but d'Apple est la pédagogie ? Pourquoi ce système d'alertes existe-t-il, si le but d'Apple est au contraire de minimiser les frictions au quotidien et d'assurer un maximum de sécurité ? La réflexion des ingénieurs de Cupertino s'est arrêtée à mi-chemin, et aboutit à un entre-deux bancal.

Un de plus4.


  1. Ce qui me désespère encore plus, c'est qu'il y a quelque part quelqu'un de plus intelligent que moi qui me considère comme un utilisateur lambda.

  2. Je me retiens vraiment de dire qu'Apple fait du sous-Windows pour rassurer les utilisateurs de Windows. Oups.

  3. Rob Griffiths, « Manage OS X's downloaded file warning system », Macworld, 1er jan. 2010.

  4. Le titre de ce billet est un clin d'œil à l'article éponyme de Vincent. Qui pour le coup montre une de ces petites fonctions irrésistibles d'OS X, une de celles qui rachètent tous ces défauts. Ou rachetaient, peut-être.